18 avril – 10 juillet 2019 : 9 séances à l’École normale supérieure, 45 rue d’Ulm, 75005 paris (19h-22h)

Alors que les machines deviennent apprenantes, l’ingénierie médicale ajoute désormais des capacités de machines de plus en plus puissantes à du vivant, en y associant, voire en y implantant, des dispositifs « intelligents » de diagnostic, de contrôle ou de traitement des maladies.

Le grand retour de l’intelligence artificielle va-t-il faire basculer la santé dans un nouvel âge, avec des conséquences pour l’homme que certains n’hésitent pas à présenter comme incalculables ?

Va-t-on vers une médecine prédictive et entièrement personnalisée, qui promet une meilleure efficacité des soins, et remettra peut-être en cause les modèles classiques de mutualisation des risques ? Vers un allongement de la vie humaine, susceptible d’ébranler l’édifice de la protection sociale ou des structures de la vie en société aussi centrales que l’héritage ?

Franchira-t-on la frontière qui sépare la réparation du corps malade de l’augmentation du corps sain ? Avec quelles conséquences sociétales, éthiques, économiques ?

Loin des prophéties chimériques de quelques-uns, mais sans méconnaître les mutations radicales en germe dans certaines initiatives, ce séminaire s’attachera à repérer, dans le foisonnement actuel de projets et de partenariats entre acteurs de tous horizons, quelques-unes des avancées scientifiques porteuses d’applications concrètes à un horizon raisonnable.

Il abordera, plus généralement, les questions posées par l’importation massive du numérique dans le vivant et la santé, et les effets induits par ces évolutions pour les entreprises et leur personnel.

L’émergence dans le grand public de pratiques inédites (quantified self, autodiagnostic, séquencement banalisé du génome…) est elle-même un signe avant-coureur des mutations à venir. Ces pratiques s’accompagnent en outre d’une production massive de données dont les conditions d’utilisation deviennent un enjeu majeur de société.

Qu’elles soient en première ligne – assureurs, banques, laboratoires pharmaceutiques, hôpitaux, industries alimentaires, cosmétiques, grande distribution… – ou que l’importance de leurs effectifs suffise à les y exposer, les grandes organisations seront affectées de multiples façons par une modification aussi critique que celle du rapport de chacun avec son propre corps.

Le plateau de ce séminaire de haut niveau réunira des chercheurs et des praticiens de premier plan, venant de disciplines allant de l’informatique à biologie et à la génomique, en passant par la médecine, la sociologie et le droit.

Le séminaire s’adresse à une quinzaine de cadres dirigeants qui veulent comprendre ce qui est en en train de se jouer dans la santé, réfléchir aux implications pour leurs entreprises et partager expérience et pistes d’action entre pairs.

Institut ENS: La Santé à l’âge du Numérique