Applis de traçage des malades du Covid-19 : aucun intérêt !

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Demain mardi 28 avril 2020, l’Assemblée nationale examinera l’opportunité de développer une application smartphone « Stop-Covid » pour tracer les malades du Covid-19 et notifier celles et ceux qui les ont côtoyés. Méfions-nous des promesses dangereuses et illusoires de ces solutions techniques de traçabilité à grande échelle.

A part les Etats policiers et les géants du web, personne n’y a intérêt, prévient Michèle Rivasi, eurodéputée EELV spécialiste des questions de santé :

» Des spécialistes estiment que plus de 60 % de la population doit être équipée pour que ce suivi soit fiable. Rappelons qu’en France près d’un quart de la population n’a pas de smartphone et que parmi les 70 ans ou plus, c’est plus d’un senior sur deux.

La technologie Bluetooth, sur laquelle repose l’application Stop-Covid, est source d’incertitude. Son but initial est de connecter des téléphones mobiles entre eux, pas de mesurer des distances. Au-delà de l’exposition électromagnétique accrue qu’elles occasionnent une fois activées, les micro-ondes Bluetooth traversent les murs. Dans le cas d’une personne contaminée, des notifications d’alerte seront envoyées à toutes les personnes détectées à proximité, y compris celles situées dans l’appartement d’à côté…

Depuis le lancement de la première application de ce genre à Singapour il y a quelques semaines, moins de 20 % de la population a choisi de la télécharger. Malgré l’application, le nombre de cas augmente et le confinement a été renforcé.

Les associations de défense des libertés dénoncent un projet très imprécis, peu efficace et concluent à l’inutilité finale de ces outils de surveillance de masse. Que cherche réellement le gouvernement avec l’application Stop-Covid ?

Telles qu’elles sont conçues, ces outils de traçage passeront à côté des objectifs sanitaires. Ils ouvrent la porte à une collecte abusive des données et pourront conduire à des systèmes de suivi du confinement renforcés et obligatoires, un contrôle social à base de bracelets électroniques, de drones et de vidéosurveillance, comme l’expérimentent déjà à leur manière la Chine, Hong Kong, la Corée du Sud, le Liechtenstein et la France. Le manque cruel de garde-fous en font des outils liberticides, donc dangereux.

J’invite mes collègues député.e.s à s’opposer massivement à cet artifice technologique et à favoriser davantage des moyens humains capables de retracer, avec le malade, sa chaine potentielle de contamination !

Source: Michèle Rivasi