Singapour: la deuxième vague du coronavirus touche surtout les travailleurs migrants

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Singapour a longtemps été loué comme un modèle dans sa gestion de l’épidémie de coronavirus. Mais c’était avant qu’une deuxième vague de contamination n’arrive. Elle touche aujourd’hui en quasi totalité les travailleurs migrants, souvent oubliés par les habitants et dirigeants de ce petite État parmi les plus riches du monde.

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Avec notre correspondante régionale à Kuala Lumpur,

Leurs bras ont construit les grattes-ciel de Singapour, mais dans la troisième ville la plus chère au monde, les ouvriers migrants vivent eux dans des dortoirs et dans une promiscuité dangereuse en ces temps d’épidémie, rappelle Ethan Guo de l’association Transient Workers Count Too (TWC2).

« Imaginez quelque chose comme des casernes, des bâtiments très grands, le plus grand à Singapour abrite 25 000 travailleurs et la majorité de ces ouvriers viennent du Bangladesh et de l’Inde ».

Dormant sur des lits superposés, où jusqu’à quinze hommes peuvent se partager quelques mètres carrés, la proximité des uns avec les autres a fait exploser le taux de contamination, avec aujourd’hui 94% des cas de coronavirus provenant de ces dortoirs, et une lumière inédite sur cette population oubliée de Singapour.

« La plupart des Singapouriens dans leur vie quotidienne n’ont presque pas de contacts avec les travailleurs migrants, il y a vraiment deux mondes parallèles à Singapour et deux communautés » ajoute Ethan Guo.

Si beaucoup de Singapouriens avouent découvrir en partie les conditions de vie de ce million de travailleurs migrants, leur traitement pourrait bien devenir un enjeu politique. Actuellement en fin de mandat, le Premier ministre Lee Hsien Loong a assuré que son gouvernement prendrait soin des migrants étrangers comme des Singapouriens. Leur salaire reste pourtant sept fois moins élevé que la moyenne singapourienne.

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Source: RFI