Le recyclage en Indonésie à la croisée des chemins

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Avec la baisse de la consommation, mais aussi les mesures de distanciations sociales et enfin un prix du pétrole qui a entrainé dans sa chute celui du plastique neuf, l’industrie de collecte et recyclage des déchets plastiques en Indonésie est plus que jamais à la croisée des chemins.

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Comment réduire les tonnes de plastiques qui atterrissent dans les océans sans mettre en péril l’économie de collecte et recyclage des déchets ? C’est depuis quelques années un casse-tête pour l’Indonésie, deuxième sur la liste peu glorieuse des pays qui disséminent le plus de déchets plastiques dans les mers mais aussi foyer de millions de travailleurs informels collectant les déchets.

Car d’un côté le déchet plastique est l’ennemi de l’écosystème et de la santé des populations à proximité des décharges, de l’autre il est aussi une des matières premières de l’industrie de collecte et recyclage des déchets, un secteur de l’économie qui a grandi ces dernières années en Indonésie, après l’annonce de la Chine qui n’accepte plus depuis 2018 l’importation de déchets. Une décision conséquente qui a relocalisé en Asie du Sud-Est l’arrivée de conteneurs de déchets plastiques en provenance de pays du monde entier.

Et si le jeu d’équilibriste entre les objectifs environnementaux et le maintien du travail de quelque trois millions d’ouvriers étaient déjà compliqués pour l’Indonésie qui a tâche -en même temps- d’interdire les plastiques à usage unique dans certaines régions du pays, mais a promis aussi de booster l’industrie du recyclage dans les prochaines années, la pandémie du coronavirus n’a pas arrangé les choses.

La baisse du prix du pétrole déclenchée par l’arrêt de l’économie mondiale rend le plastique recyclé moins compétitif par rapport à un plastique neuf qui devient très peu onéreux.

Au sein du pays, les mesures de distanciations sociales ont également freiné la demande en plastique recyclé, mais aussi mis certaines décharges à l’arrêt. Avec beaucoup de travailleurs informels, dans la collecte de déchets notamment, ce ralentissement menace plusieurs millions de travailleurs aujourd’hui qui n’ont plus de quoi manger, assure le syndicat des ramasseurs de déchets.

Source: RFI